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Le journal Keel

Pourquoi vous fuyez après l'opération : les huit choses qui ont changé dans votre corps

Pourquoi les fuites arrivent dès le lendemain de l'opération, ce qui récupère en premier, et pourquoi les dernières gouttes sont les plus longues à partir.

8 min de lecture

Deux verrous anciens côte à côte sur une porte en bois, l'un déposé, l'autre encore en place

1. Le sphincter que la prostate aidait : ce qui disparaît le jour de l'opération

Chez l'homme, la continence ne repose pas sur un seul verrou, mais sur deux. Un sphincter interne, situé juste au col de la vessie, travaille sans que vous y pensiez. Un sphincter externe, plus bas, est le muscle que vous serrez volontairement quand vous vous retenez.

La prostate entoure l'urètre entre ces deux systèmes. Quand on la retire, on retire aussi une partie du dispositif du haut, et on raccourcit le trajet. Le verrou automatique, celui qui tenait la nuit sans effort, n'est plus là pour faire sa part.

C'est pour cela que les fuites commencent le jour même, sans prévenir, et pas progressivement. Rien ne s'est « abîmé » en vous : une pièce du montage a été enlevée, et le reste doit apprendre à travailler seul.

2. Le sphincter externe devient le seul gardien, et il n'a pas l'habitude

Le sphincter externe fait partie du plancher pelvien. Il a toujours existé, il a toujours fonctionné, mais il servait d'appoint : un coup de frein pour finir, un serrage quand l'envie pressait, puis il se relâchait.

Après l'opération, on lui demande d'être en service permanent. Debout, assis, en marchant, en riant, en portant un sac. C'est un changement de métier, pas seulement un changement d'effort.

Un muscle qui travaillait par à-coups et qui doit soudain tenir en continu se fatigue vite. D'où cette constatation fréquente : les matins sont corrects, et les fuites augmentent en fin de journée. Ce n'est pas un recul, c'est une endurance qui n'est pas encore construite.

3. Les tissus sont gonflés et irrités pendant les premières semaines

L'opération laisse une zone de suture entre la vessie et l'urètre. Autour, les tissus sont gonflés, les nerfs sont irrités, la vessie a été manipulée et la sonde a séjourné plusieurs jours.

Pendant cette période, deux choses faussent la lecture. D'une part, le gonflement peut gêner la fermeture du conduit. D'autre part, une vessie irritée envoie des signaux d'urgence pour de petits volumes, ce qui donne des envies brusques et parfois des fuites avant d'arriver aux toilettes.

Ces effets-là s'atténuent d'eux-mêmes, souvent avant que la force musculaire, elle, ait réellement progressé. C'est une partie du soulagement des premières semaines. Il ne faut ni l'attribuer entièrement à vos exercices, ni s'en méfier : prenez-le, et continuez.

4. Les nerfs mettent plus de temps que les muscles

Autour de la prostate passent des nerfs fins qui commandent à la fois l'érection et une partie de la sensibilité de la zone. Même quand le chirurgien les préserve, ils sont étirés et irrités par l'opération. Ils mettent du temps à retransmettre normalement.

Concrètement, beaucoup d'hommes décrivent la même chose : ils ne sentent plus très bien ce qui se passe en bas. Ils ne savent pas si la vessie est pleine. Ils ne sentent pas la fuite partir. Ils ne sont pas certains de contracter le bon muscle.

Cette récupération-là est lente et peu spectaculaire. Elle explique pourquoi la sensation de contrôle revient souvent après la force, et non avant. Quand vous recommencez à sentir l'envie monter assez tôt pour agir, c'est un vrai progrès, même si la protection est encore mouillée.

5. La vessie, elle aussi, a pris de mauvaises habitudes

Pendant la sonde, la vessie n'a plus eu à se remplir ni à se vider. Après, beaucoup d'hommes vont aux toilettes très souvent, par précaution, pour limiter la casse. La vessie s'habitue alors à de petits volumes et redemande à partir de très peu.

Résultat : à la gêne d'effort, qui vient du sphincter, s'ajoute une gêne d'urgence, qui vient de la vessie. Les deux ne se traitent pas de la même façon, et les confondre fait perdre des semaines.

Reprendre des intervalles raisonnables entre deux passages, sans se forcer ni se retenir à l'excès, fait partie du travail. La vessie réapprend des volumes normaux, comme le muscle réapprend l'endurance.

À lire aussi : Après le retrait de la sonde : la chronologie du retour de la continence, étape par étape · Urgence ou effort : cinq questions pour savoir quel type de fuite vous avez

Un escalier en bois vu de côté, chaque marche un peu plus éclairée que la précédente

6. L'ordre dans lequel les choses reviennent

Il y a une séquence assez constante, même si les délais varient beaucoup d'un homme à l'autre. D'abord la nuit : allongé, la pression sur la vessie est faible et le sphincter tient plus facilement. Beaucoup d'hommes sont secs la nuit bien avant de l'être le jour.

Ensuite les positions calmes : assis, debout immobile, puis la marche tranquille. Viennent après les efforts brefs et prévisibles, où l'on peut serrer avant : se lever d'un fauteuil, monter en voiture, soulever une course.

En dernier arrivent les efforts imprévus, ceux qui ne laissent pas le temps de se préparer. Un éternuement, un fou rire, un faux pas. C'est pour cela que les dernières gouttes sont les plus longues à partir : ce ne sont pas les plus grosses, ce sont les moins annonçables.

7. Pourquoi deux hommes opérés le même jour n'avancent pas au même rythme

Le type d'opération et la technique employée jouent. L'âge, le poids, l'état du plancher pelvien avant l'intervention aussi. Un homme qui tousse beaucoup, qui porte du ventre ou qui était déjà gêné pour uriner avant l'opération part avec une contrainte de plus.

Les traitements associés comptent également. Une radiothérapie, avant ou après, modifie la souplesse des tissus et le calendrier. Si c'est votre cas, les comparaisons avec le voisin de chambre n'ont pas grand sens.

La seule comparaison utile est avec vous-même, un mois plus tôt. Nombre de protections, volume des fuites, moments où ça arrive : trois lignes sur un carnet suffisent à voir une tendance que le quotidien, lui, ne montre pas.

8. Ce qui demande un appel, et ce qui ne le demande pas

Des fuites après une opération de la prostate ne sont pas un signe d'échec, et une amélioration lente ne veut pas dire une amélioration nulle. En revanche, certaines choses ne relèvent pas de la patience : du sang dans les urines, une douleur, de la fièvre, des brûlures, une impossibilité d'uriner, ou une aggravation brutale alors que les choses s'amélioraient. Dans ces cas, appelez votre médecin ou votre chirurgien sans attendre.

Si après plusieurs mois de travail régulier rien ne bouge, c'est aussi une raison de reconsulter. Un kinésithérapeute spécialisé peut vérifier que vous contractez bien le bon muscle, et il existe des solutions au-delà de la rééducation dont votre urologue peut vous parler.

Pour le reste, le travail est simple à décrire et long à faire : des contractions courtes et longues, tous les jours, un relâchement complet entre chaque, et le réflexe de serrer avant l'effort plutôt qu'après. C'est ce qui transforme un muscle d'appoint en gardien permanent. Beaucoup d'hommes s'améliorent nettement avec ça, et chaque semaine de pratique compte plus que la semaine précédente.

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Keel est un programme de bien-être, pas un dispositif médical, et cet article est une information générale, pas un avis médical. Il ne peut pas vous diagnostiquer ni remplacer votre médecin. Si vous remarquez du sang, une douleur, de la fièvre, un changement soudain ou quoi que ce soit qui vous inquiète, parlez-en à votre médecin ou à votre équipe soignante.

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