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Le journal Keel

Allongé, assis, debout : dans quelle position faire vos exercices, et quand changer

Allongé, assis, debout, en mouvement : l'ordre dans lequel on change de position compte autant que les exercices eux-mêmes.

7 min de lecture

Un tapis de sol déroulé près d'une chaise en bois dans une pièce calme et lumineuse

1. Allongé sur le dos, genoux pliés : la position où l'on apprend

C'est la position de départ pour presque tous les hommes. Le dos à plat, les genoux pliés, les pieds posés au sol, les bras le long du corps. La gravité ne tire plus sur le plancher pelvien : il n'a rien à porter, il peut juste travailler.

C'est aussi la position où l'on sent le mieux ce qui se passe. Vous pouvez poser une main sur le ventre pour vérifier qu'il reste souple, et l'autre à plat sur le bas du ventre. La contraction doit se faire en profondeur, entre les jambes, sans que le ventre se durcisse ni que les fesses se serrent.

Restez ici tant que la contraction n'est pas franche et tant que le relâchement n'est pas complet. Ce n'est pas une position de débutant à quitter vite : beaucoup d'hommes y reviennent des mois plus tard pour les séries longues, quand ils veulent travailler propre sans se battre contre la fatigue.

  • ✓Un coussin fin sous la tête, rien sous les reins.
  • ✓Expirez pendant la contraction, inspirez pendant le relâchement.
  • ✓Si le ventre se durcit, la contraction est trop forte : baissez l'intensité.

2. Sur le côté ou à quatre pattes : varier sans encore se mettre debout

Entre l'allongé et l'assis, il existe une étape intermédiaire que beaucoup sautent. Sur le côté, genoux légèrement repliés, ou à quatre pattes, mains sous les épaules et genoux sous les hanches. Le plancher pelvien travaille dans un autre axe, avec une charge toujours faible.

Ces positions servent à deux choses. Elles cassent la routine, ce qui aide à garder la séance intéressante. Et surtout, elles vous obligent à retrouver le bon muscle dans une configuration nouvelle, ce qui est exactement le but : un muscle qu'on ne sait contracter que dans une seule position ne vous servira pas dans la vraie vie.

À quatre pattes, surveillez le dos : il reste long et neutre, ni creusé ni rond. Si vous avez des problèmes de genoux ou d'épaules, passez simplement cette étape et travaillez sur le côté.

3. Assis sur une chaise, pieds au sol : la première vraie charge

Dès que vous vous asseyez, le poids des organes repose en partie sur le plancher pelvien. La contraction devient plus difficile, et c'est normal qu'elle paraisse plus faible qu'allongé. Ne lisez pas ça comme un recul.

Asseyez-vous au bord d'une chaise ferme, pieds à plat, dos droit sans être raide. Le canapé profond ne convient pas : on s'y affale et on perd la sensation. Les cuisses restent détendues, les fesses aussi. Seul l'intérieur travaille.

C'est la position la plus utile du quotidien, parce que c'est celle où vous passez le plus de temps : au bureau, en voiture, à table, devant la télévision. Une fois qu'elle est acquise, vous avez des dizaines d'occasions d'entraînement par jour sans y consacrer une minute de plus.

  • ✓Vérifiez dans un miroir, de profil, que votre bassin n'est pas basculé en arrière.
  • ✓Trois ou quatre contractions longues suffisent pour commencer dans cette position.
  • ✓Si vous perdez la sensation, revenez à l'allongé pour une série, puis réessayez.

4. Debout, immobile : là où l'exercice devient utile

Debout, le plancher pelvien porte tout. C'est aussi debout que la plupart des fuites arrivent : en marchant vers la voiture, en faisant la queue, en se penchant sur un tiroir. Un entraînement qui s'arrête à la position assise laisse de côté la moitié du problème.

Tenez-vous debout, pieds écartés de la largeur des hanches, genoux non verrouillés, poids réparti sur les deux pieds. Appuyez une main au mur ou au dossier d'une chaise les premières fois : la concentration sur la contraction fait parfois perdre un peu d'équilibre.

Attendez-vous à des contractions nettement plus courtes qu'allongé. Si vous teniez huit secondes sur le dos, vous en tiendrez peut-être trois debout. Travaillez avec ce chiffre-là, pas avec l'ancien. C'est celui qui reflète ce que votre plancher pelvien sait vraiment faire.

5. En mouvement : marcher, se lever, se pencher

La dernière étape n'est plus une position, c'est un geste. Se lever d'une chaise en contractant avant de décoller. Faire dix pas en maintenant une contraction légère. Se pencher pour ramasser quelque chose en verrouillant d'abord.

Ici, on ne cherche plus la contraction maximale mais la contraction juste : assez ferme pour tenir, assez légère pour durer pendant le mouvement. C'est un travail de coordination plus que de force, et il demande des semaines, pas des jours.

Choisissez un geste de votre journée et faites-en votre terrain d'entraînement pendant une semaine : sortir de la voiture, par exemple. Quand il devient automatique, ajoutez-en un autre. C'est comme ça que la rééducation finit par sortir du tapis de sol.

  • ✓Un geste à la fois, pendant plusieurs jours.
  • ✓Toujours contracter avant le mouvement, jamais pendant la fuite.
  • ✓Relâchez complètement une fois le geste terminé.

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Une chaise de cuisine vue de profil, pieds posés au sol, dans une lumière douce

6. Comment savoir qu'on peut passer à la position suivante

Le signal n'est pas une durée au calendrier, c'est la qualité. Vous pouvez monter d'un cran quand, dans la position actuelle, vous enchaînez vos séries sans retenir votre souffle, sans serrer les fesses, et avec un relâchement net entre chaque contraction.

Si la contraction s'effondre à la troisième répétition, vous n'êtes pas prêt. Si vous êtes obligé de forcer avec le ventre, vous n'êtes pas prêt non plus. Ce n'est pas grave : vous gagnez plus en consolidant une position qu'en sautant trois étapes.

Et rien ne vous oblige à abandonner les positions précédentes. Beaucoup d'hommes gardent le travail allongé pour les contractions longues, l'assis pour les séries de la journée, le debout pour les contractions rapides. Le progrès, c'est d'ajouter des positions, pas d'en changer.

7. Les trois erreurs qui reviennent à chaque palier

La première : monter d'une position par impatience, perdre la sensation du bon muscle, et s'entraîner pendant des semaines avec les fessiers. On croit travailler, on ne travaille pas la bonne chose.

La deuxième : garder le même nombre de répétitions en changeant de position. Debout est plus dur qu'allongé ; réduisez les répétitions, quitte à les remonter ensuite. La troisième : oublier le relâchement. Plus la position est exigeante, plus on a tendance à enchaîner sans laisser le muscle revenir au repos, et un plancher pelvien qui ne se relâche jamais finit par moins bien se contracter.

Si une position déclenche une douleur, pas une simple fatigue musculaire, arrêtez-la et parlez-en à votre médecin ou à un kinésithérapeute. La douleur n'a pas sa place dans cet entraînement.

Votre prochaine séance

Regardez simplement où vous en êtes aujourd'hui. Dans quelle position faites-vous vos séries ? Est-ce que la contraction y est propre, respiration libre, relâchement complet ? Si oui, ajoutez une seule série dans la position du dessus cette semaine, et gardez le reste tel quel.

Si non, restez où vous êtes et travaillez la qualité. Ce n'est pas du surplace. Un plancher pelvien qui tient debout, puis en marchant, se construit par étapes, et chaque étape bien posée rend la suivante plus facile à atteindre.

Keel est un programme de bien-être, pas un dispositif médical, et cet article est une information générale, pas un avis médical. Il ne peut pas vous diagnostiquer ni remplacer votre médecin. Si vous remarquez du sang, une douleur, de la fièvre, un changement soudain ou quoi que ce soit qui vous inquiète, parlez-en à votre médecin ou à votre équipe soignante.

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